Train de nuit

Nous nous sommes quittés après mon passage chez l’infirmière, début juillet 1993, il y a 22 ans. Voici la suite de mon histoire.

J’ai décidé de fuir. De Naples, je suis remonté à Rome. Pour mettre définitivement une croix sur mon passé, je devais m’en aller le plus loin possible. Et j’avais une idée en tête : retourner sur les terres de ma grand-mère maternelle, en France. En Bretagne. D’ailleurs, était-ce vrai ? Était-elle vraiment bretonne ? Je n’en savais rien. Je ne l’avais pas connue. C’était une histoire, une histoire de famille que j’avais entendue. Ai-je réellement des racines bretonnes ? Je n’en savais rien. Et aujourd’hui encore, je n’en sais toujours rien.

 

Gare de Rome-Termini

Ce qui comptait pour moi à ce moment de mon existence n’était pas de savoir d’où je venais. L’important était de savoir où j’allais. Le Palatino est le train qui allait – et qui va toujours – vers Paris. Aussi connu sous le nom de « Rome-Express » (dans l’autre sens).

En cette fin d’après-midi à Rome, il pleuvait. Il pleut toujours dans ce genre de moment. C’est très cinématographique. En plein été, c’était une pluie chaude, orageuse. Le genre de pluie dont on se souvient. Je m’en souviens. Ironie du sort, ma destination finale était la Bretagne.

Le Palatino. Train de nuit, Rome-Paris

Le Palatino. Train de nuit, Rome-Paris

Un aller-simple pour moi, s’il vous plaît. Rome-Paris. De la gare de Termini vers la gare de Bercy. Toute une nuit de voyage…

« Je prends le train des insomnies
Et plus rien ne m’arrête
De l’aube jusqu’à l’aurore
Trajet à très grande ivresse »

Je quittais tout en Italie. Lire la suite