Mammifère mis au sec

« Mais nom de Dieu, que la pluie cesse ! » Christophe mis au sec.

Miomouillé / Miossec.

Les jeux de mots de ce genre pleuvent. Sur tous les réseaux sociaux. Surtout en ce moment.

Mis au sec. Extrait.

Mis au sec. Extrait.

Dans toute la France quand il sort un nouvel album. Dans toute la Bretagne quand il est en tournée. On n’y échappe pas. Lire la suite

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Etat d’urgence

Tout va bien. Ce mois de novembre est doux. L’été indien se prolonge encore un peu. Tiens ! Il y a un match de foot à la télé, ce soir. Un amical : France-Allemagne. On a intérêt à les battre ! Rien que pour le plaisir de battre les champions du monde en titre. On est vendredi 13, ça peut nous porter chance !

Tout va bien. Tiens ! Une détonation ! Sans doute un pétard aux abords du stade… Et encore un autre ! Ça doit être des gros pétards alors ! Ou de l’orage. Mais ça n’a pas été signalé à la télé. Fred Calenge aurait fait un point météo. Non, il a seulement parlé de l’état de la pelouse. En très mauvais état, d’ailleurs ! Il y a même des cailloux dedans, honteux !

Tout va toujours bien. Tu regardes le match comme si de rien n’était. Ça tombe plutôt bien : on gagne. Mais à quelques minutes de la fin, on t’annonce une catastrophe. Même pire. On ne sait pas encore vraiment ce qui se passe. « Une édition spéciale suivra ce match… » On t’apprend que Paris se fait attaquer. Et tu restes, stupéfait, devant la télé. Des fusillades ont éclaté dans la capitale, des kamikazes se sont fait sauter à Saint-Denis, une prise d’otage est en cours dans une salle de concert… La terreur. On t’annonce la guerre à la télé. En direct. Tout allait bien.

Les nouvelles tombent, les chiffres défilent, le bilan s’alourdit. Tu ne sais plus quoi dire, quoi penser. T’es là, devant ta télé, dans ton bar, ou à la terrasse de ton café. Et tu engranges toutes ces horreurs. Le Président arrive à l’écran. Il n’a pas l’air rassuré. Il est fébrile. Et les infos sont confirmées. Il y a déjà trop de victimes, mais le bilan est encore loin d’être définitif. On déclare l’état d’urgence.

« Instaurons l’état d’urgence
Des missions de reconnaissance
Ne restons plus sur nos défenses
Nos pavillons de complaisance
Engageons-nous dans la résistance
Donnons-nous encore une chance
Invoquons le droit d’ingérence
[…]
Dis-moi, à qui tu penses ?
A ceux qui n’ont pas eu la chance ?
A Lily, à Lilas, à Layla, à Lola
A Lily, à Lilas, à Layla, à Lola »

– Miossec, Le Stade De La Résistance

Et tu vas dormir, sans avoir sommeil. Sans savoir pourquoi. Sans savoir qui figure parmi les victimes. « Dis-moi, à qui tu penses ? » … Le lendemain, tu te réveilles avec un mal de crâne atroce. La gueule de bois. Et tu espères que tout ça n’était qu’un cauchemar. Mais la réalité te rattrape.

Quand tu ouvres les réseaux sociaux, tu constates d’abord la solidarité. Des anonymes prêts à ouvrir leurs portes à ceux qui en ont besoin, des avis de recherches qui circulent, des messages de soutien qui rappellent que l’Humanité est sensible. Lire la suite

Chambre 206, hôtel Vauban

Tout juste déposé dans cette ville par le Paris-Brest, je me meus à contre-courant. Tandis que beaucoup de voyageurs se dirigent vers le centre-ville, je vais de l’autre bord, pour contempler le port. Lourdes valises posées à mes pieds, j’admire ma nouvelle terre d’accueil. Lourdes valises se formant sous mes yeux, il faut que je trouve un logement avant que le sommeil ne me cueille.

Demi-tour. Direction le kreiz-kêr (le centre-ville en breton, m’apprend-on). Du franco-breton sur tous les panneaux ! Ça changera de l’italo-sicilien. Sur mon chemin, l’hôtel Vauban m’ouvre ses portes. Je m’y arrête. Vais-je trouver facilement une chambre de libre en ce mardi, au milieu de l’été ? Je resterai sans doute plusieurs nuits ici. Echange sympathique à l’accueil, il faut dire que je maîtrise le français de mieux en mieux.

Brest-hotel-vauban

On me confie la chambre 206. Décorée à l’écossaise avec goût, cette chambre sera, une dizaine d’années plus tard, investie par Jane Birkin et Christophe Miossec le temps d’un flirt. J’allume une clope. Elle grille doucement tandis que mon regard se perd par la fenêtre, dans la rade de Brest. Je suis crevé, mais je crève d’envie de visiter le port…

Me voici donc face à la mer. Quelques chalutiers rentrent d’une journée de pêche ensoleillée. Un afflux de vacanciers débarque. C’est l’Enez Eussa III qui revient de sa virée à Ouessant. Les enfants sont ravis, les parents sont heureux. Et moi, je suis tout seul, au bord du quai. Mais je me sens incroyablement bien.

Port de commerce, un petit pub irlandais a ouvert ses portes il y a tout juste un an. The Tara Inn. J’y entre. Cette sensation de découverte m’émerveille toujours autant. En m’approchant du comptoir, Lire la suite

Degemer mat !

Ceci est un message à mes lecteurs, aux initiés et aux nouveaux venus. De la première heure, ou curieux de passage. Malins resquilleurs, embrouilleurs de barrages. Salut, bienvenue à bord !

Je suis Mattéo. Je suis Charlie aussi. Mais les gens m’appellent Mattéo. Mattéo Fonzatti. Enchanté. Degemer mat ! A défaut d’être dresseur de loulous, je suis au moins dynamiteur d’aqueducs. Même si on ne m’a jamais vu dans le Vercors, sauter à l’élastique. J’y suis passé pourtant, tout de suite en quittant l’Italie. Mais c’est en Bretagne que je me suis établi.

Ici, au fil des mots, je décline coups de cœur et coups de sang. Ce que j’aime, c’est ça, c’est ça, c’est ça qu’on aime vivre avec. Ce que j’aime moins, devenir styliste mais pour Eddy Mitchell, conjuguer bouillir au subjonctif pluriel, et faire les courses le samedi d’avant Noël… Je me révolte contre ceux qui nous gouvernent, et ceux qui le voudraient. Alors engageons-nous dans la résistance, donnons-nous encore une chance. Invoquons le droit d’ingérence. Rentrons en guerre d’indépendance !

Je vous livre aussi une partie de mon existence. Ce que je suis. Aet eo d’ar broioù pell, d’ur vro n’an’vezan ket. Aet eo d’ar broioù pell da c’hounit e vara. Kollet, kollet un deiz, an hini a garan. Ce que je pense. Que restera-t-il de ma course autour du Soleil. Que restera-t-il de toutes mes nuits sans sommeil. Que restera-t-il de moi ? Et même si on ne change pas (on met juste les costumes d’autres sur soi), je continuerai, malgré la pluie, glav, glav, glav. Vive ma liberté !

Je m’inspire librement de mes « idoles ». Bashung, Dion, Zebra, Servat, Oldelaf, Korbell, Soldat, Stivell, Hallyday, Miossec. Les lignes en italique sont leurs paroles. C’est bien d’hommage.

N’eo ket echu ! C’est pas fini ! (On vient à peine de commencer…) Bon voyage !

Kenaciao !

MF

Mes coups de cœur 2014

La fin de l’année approche. L’occasion pour moi de (re)partager avec vous mes coups de cœur… Je n’ai gardé que le meilleur, mais je n’appellerai pas ça un « Brest of » (le jeu de mot ayant déjà été fait par plusieurs personnes avant moi…)  Entre découvertes et confirmations, du cinéma à la musique, voilà ce que je retiendrai de 2014 :

 

La web-série du moment

« Et cætero » késako ? Une web-série brestoise dont la première saison est apparue cette année, semaine après semaine. Depuis le début du mois d’octobre, les internautes découvrent un morceau de l’intrigue chaque samedi, et sont ensuite invités à écrire la suite. Brest en toile de fond, ambiance musicale efficace (avec notamment la participation de Robin Foster). Si vous ne connaissez pas déjà, je vous invite à aller par là…

Je souhaite bon vent aux réalisateurs Fabien Migliore et Simon Pensivy ainsi que toute leur équipe pour la suite… Et ils ne l’écriront pas eux-mêmes, la suite ! A nous de l’inventer.

 

Mon film de l’année

Aller voir un film en québécois ? ça va pas bien ou quoâ ? Déjà que j’ai mis plus de 10 ans à comprendre le brestois…

Et pourtant… Lorsque je suis allé voir Mommy (pas celle d’Yvon Etienne) c’était sans grande conviction. Mais très vite, l’histoire a pris le dessus. Une histoire touchante, bouleversante. (On en deviendrait presque fan de Céline Dion, tarbarnak’ !) C’est donc mon coup de cœur ciné de 2014.

Mais comme ce n’est pas mon job d’être critique de cinéma, allez donc voir ce qu’ils en pensent du côté de TheBrestOf. Lire la suite

Les 20 bougies de l’ISEB

Keredern 1994

Quelques logements, des bâtiments abandonnés, des terrains vagues… Coincé entre Kerinou, Bellevue et Lambé, au cœur de la Cité du Ponant, le quartier de Keredern n’avait pas un beau visage au début des années 90. C’est l’arrivée de l’ISEB, de nouveaux logements étudiants et d’un supermarché qui va lui redonner vie, lui permettre d’exister. Les plus de 9000 m² du nouveau campus seront inaugurés en 1996, et l’ISEB deviendra ISEN en 2003.

ISEN Brest

Aujourd’hui, l’ISEN est l’une des écoles brestoises qui forme des ingénieurs dans de multiples domaines tels que la robotique, les énergies renouvelables, les télécommunications, l’aéronautique…

2014, un samedi soir…

Avoir 20 ans est à la mode cette année. Enjambant l’Elorn aux côtés d’Albert-Louppe, le pont de l’Iroise a fêté ses 20 ans il y a quelques jours. Au mois d’avril, Miossec, le troubadour brestois, chantait ses 20 piges, un samedi soir au Vauban. Un peu plus tard, mes voisins du port de co’, Quai Ouest, qui rythment l’actualité culturelle du Finistère, avaient eux aussi 20 ans. C’était un samedi soir au Grand Large. C’est maintenant au tour de l’Institut Supérieur de l’Electronique et du Numérique de souffler ses 20 bougies à Brest. Un samedi soir au Quartz.

 Samedi soir au Vauban

Bon anniversaire l’ISEN Brest !

MF

La saison 1

Brest – juillet 1993.

Tout droit venu de Sicile après plusieurs années obscures de mon existence, je m’installe au port de co’ à Brest. Je dois me reconstruire, repartir de zéro. Combien de temps me faudra-il pour retrouver ce second souffle que je suis venu chercher dans ce bout du monde ? Cinq ans, six ans ? La Bretagne, terre de naissance d’une grand-mère partie ensuite s’exiler en Italie. C’est ici que tout recommencera pour moi.

MF logo

Brest – septembre 2013.

Vingt ans plus tard, j’ai totalement sorti la tête de l’eau. Brest a changé en vingt ans, Brest s’est transformée. Nouveaux aménagements, nouveaux quartiers, nouvelle dynamique. La cité du Ponant, reconstruite tellement vite après la Guerre, a retrouvé, par endroits, un aspect presque juvénile.

Mattéo Fonzatti a changé lui aussi. Une renaissance. Renaître au bout du monde. Avoir la banane, en Bretagne !

Vous découvrirez sur ce blog des bribes de mon histoire, mes points de vue, mes coups de gueule. La première saison s’achève (Winter is coming), la saison 2 peut commencer. Comme dirait Miossec : « C’est pas fini… »