Le monde est sourd

Cela fait un an que nous causons ensemble. Une année d’écoulée depuis la saison 1. On a l’impression d’avoir été bousculés, bouleversés, alors que non, rien n’a changé !

La violence augmente sans cesse. Et elle semble avoir raison de plus en plus souvent. Quand on revendique, on manifeste. Logique. Quand on n’obtient pas, on insiste. Normal ! Et quand on ne nous entend pas, on cogne, on frappe, on choque ! Les Bonnets Rouges à partir de l’automne 2013 et – entre autres – les taxis, les buralistes et les agriculteurs durant l’année écoulée. Tous défendaient leurs valeurs (plus ou moins nobles, à discuter selon les cas) par la voix, face à un Gouvernement que ne les écoutait pas. La devise de ces derniers est de ne pas aller trop vite : on ne peut pas bousculer les Lois, on ne peut pas tout changer comme ça sous prétexte que quelqu’un râle. Dialogue de sourds. La colère est montée. Ce qui devait arriver arriva. Les Bonnets Rouges ont « descendu » les portiques « Ecotaxe ». Les taxis ont saccagé des « voitures avec chauffeurs ». Les éleveurs en colère ont détruit des chaussées et bloqué des villes et lieux touristiques. Les buralistes ont… déversé des carottes devant le siège du PS ! (chacun fait selon ses moyens…)

ecotaxe-taxis-agriculteurs-buralistes

Et la violence gagne. Le Gouvernement cède. Les lobbies du tabac et des taxis sont puissants (et le lobby breton est redoutable).

« Le monde est sourd
Comme Beethoven,
Sourd à l’amour,
Hurlant sa haine,
Hymne à la joie
Et requiem,
Chacun pour soi
Et Dieu quand même. »

Ces abus de pouvoir(s) de la part de certaines entités ne sont pourtant pas grand-chose devant les violences qui s’incrustent dans nos villes… et dans nos campagnes ! Des drames humains se déroulent sans cesse aux portes de l’Europe (lire notamment « Lampedusa… »), des attentats terribles ont bouleversé la vie française (et au-delà des frontières) pendant l’année… Et pendant ce temps, lentement mais sûrement, les amalgames en tous genres fleurissent. Les récupérations nauséabondes et les messages de haine abondent. Une sorte de courant fasciste semblerait même tenter de s’installer.

Mais pendant ce temps-là, les politiques de tous bords se préoccupent de leur petit sort personnel : les départementales sont passées et les régionales approchent (En vacances, en campagne). Personne n’ose prendre de décision car personne ne connaît les solutions… Lire la suite

Quand le faux-départ te ment

Hé lectrice ! Hé lecteur ! On nous propose de voter en ce début de printemps. Pourquoi ? Pour éviter que les extrêmes ne bourgeonnent ? Pour couper l’herbe sous le pied des socialistes ? Pour ne pas que les néo-« Républicains » se lancent des fleurs ? Pour que les écolos se mettent au vert ? Les politiques disent avoir besoin de nous. En tout cas, nous n’avons pas besoin de leur cirque grotesque.

En plus d’aller tout droit au fossé, ces élections seront ô faussées. Faussées par le taux d’abstention qui promet d’atteindre des sommets. Faussées par ces promesses qui ne seront jamais tenues. Faussées enfin par la légitimité même de ces « élections ». Les conseils généraux devaient être supprimés. Les départements aussi. Les régions remaniées. La Bretagne agrandie. Il n’en est rien, pour l’instant. Faux-départ. On vote finalement pour des départements divisés. On se cantonne à des cantons qui ont grossi. Deux élus par grand canton, au lieu d’un seul par petit. Diviser pour mieux multiplier. Ça fait sans doute de belles économies… On nous ment. On nous prend pour des con-citoyens, pour des con-patriotes.

Et quand les Verts se mettent à causer politique, ils proposent d’imposer le vote. Voter est un droit. Ne pas voter doit aussi en être un. Mais ça dérange. « Que les abstentionnistes paient ! » Ils n’ont sans doute pas pensé qu’on payait déjà tous, à cause de toutes leurs magouilles. Députés et sénateurs absentéistes. « On va faire payer les gens qui ne s’intéressent pas à nous, et on se permet de toucher des indemnités même si on ne s’intéresse pas aux gens. » Le message est clair. Mais si on les laisse jouer à leur jeu, c’est la « vague bleu marine » qui risque de passer. La terreur des médias. Et finalement, ce sera peut-être encore pire… Ou alors les laisser croire au premier tour, et les bloquer au second. Quand le faux-départ te ment, la Nation s’unit.

Maintenant, il ne reste qu’à choisir. « Allons voter ! » ou « Allons danser ! »

Kenaciao !

MF