Retour à la normale

La principale actualité musicale de ce mois de mars 2017 en pays brestois, c’est le retour de Matmatah après neuf années d’absence.

Stan, Rico, Scholl et Manu ont remis la ouache. Au programme, nouvelle tournée évidemment et nouvel album parce qu’ils ont encore plein de choses à raconter. Ça aurait pu prendre un gros coup de vieux et sentir le renfermé. Mais non. Le rock est bien présent, l’énergie est là, et les paroles résonnent terriblement juste. Suite à La Cerise, et après avoir fait Des Merveilles en solo (Sauf erreur de ma part), l’écriture et l’interprétation de Tristan Nihouarn n’ont pas pris une ride. « Ça y est nous y sommes ! »

Trois morceaux de cet album « Plates Coutures » ont particulièrement retenu mon attention.

Marée haute

En pleine campagne pour l’élection présidentielle, et notamment en pleine affaire Fillon, le premier extrait sorti est tombé à pic. Marée haute retrace l’histoire d’un politicien véreux rattrapé par affaires et déboires – « Pourquoi me traiter de la sorte ? De quoi m’accuse-t-on au juste ? » –  et remontant à la surface après quelques années – « Vos cerveaux lavés du souvenir de mes impardonnables fautes ». Un phénix dans un panier de crabes.

Un morceau finalement intemporel puisqu’il aurait pu sortir 5 ou 10 ans plus tôt ou plus tard en trouvant toujours un exemple dans l’actualité. La République des copains.

Retour à la normale

Au milieu de ce cinquième album studio, on peut entendre le plus festif des extraits. Lire la suite

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La fille de Brest

Élue Bretonne de l’année en décembre 2010 et en décembre 2016, le Docteur Irène Frachon est sans conteste une figure importante de la cité du Ponant. La fille de Brest a inspiré les cinéastes, et elle a été incarnée sur le grand écran cette année par l’actrice danoise Sidse Babett Knudsen dans un thriller médical réalisé par Emmanuelle Bercot.

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Adaptation du livre « Mediator : combien de morts ? » et biographie de la pneumologue brestoise, le film « La fille de Brest » nous plonge dans un univers absolument passionnant. On y découvre le combat mené contre un géant de l’industrie pharmaceutique (les laboratoires Servier) avec ses moments de doutes, de pressions, de questionnements. Mais, plus que ce combat, on y découvre aussi le quotidien des médecins et surtout des malades confrontés aux terribles effets du Mediator. La maladie, la souffrance, et la mort. Sans filtre. Terriblement poignant de réalisme.

Porté à l’écran par de très bons acteurs, avec en tête de file Sidse Babett Knudsen qui donne à Irène Frachon des origines scandinaves qui s’accordent superbement avec le fort caractère d’une « bretonne de cœur. » Mention spéciale à Gustave Kervern qui incarne un remarquable Charles Kermarec (le patron de la librairie Dialogues, éditeur du livre de la pneumologue).

L’observateur avisé notera toutefois la présence du tram dans les rues de Brest dans des scènes se déroulant en 2009-2010, ainsi qu’un arrière-plan montrant les ateliers des Capucins éventrés par les travaux du téléphérique – dont l’idée n’avait pas encore été évoquée à cette époque. Mis à part ces petits anachronismes, le pays Brestois est l’un des acteurs indispensables de ce film. Toujours présent, sans être étouffant ni trop en retrait, il apporte une atmosphère, une ambiance que d’autres lieux n’auraient sans doute jamais retranscrit.

Un film Lire la suite

Une journée télé féérique

Brest, samedi 19 novembre 2016.

Projet très attendu pour certains, très décrié pour d’autres : le téléphérique brestois ne laisse pas indifférent, et c’est durant cette journée d’automne qu’il a officiellement été inauguré.

Imaginé sérieusement à partir de 2011, le téléphérique a été envisagé dès 2003 par les Goristes, chansonniers visionnaires de la Cité du Ponant, dans leur hymne au tramway (ouais, ouais, ouais !) :

« Pourquoi pas un téléphérique *rik rik* de la route de Paris à celle du Conquet,
avec plein d’ascenseurs hydrauliques comme stations pour les passagers,
boulevard Jean Moulin, des tire-fesses, et dans la Penfeld des ferry-boats […] »

« Le tramway » , Les Goristes, 2003.

C’est finalement entre Jean Moulin et les Capucins que les cabines vont survoler la Penfeld, mais l’idée était déjà bien là.

 

H moins quelques heurts

Des skieurs étaient attendus de bon matin aux abords de la télécabine. Ils y étaient. Bon pied, bon œil. Et pompiers bon œil, aussi. Quelques pompiers sont en effet venu manifester pour le maintien de leur restaurant professionnel. A proximité de l’une des stations, ils en ont profité pour créer une piste de ski urbaine. Du coup, le courant passait plutôt bien entre skieurs et manifestants.

Mais comme un mauvais effet boule de neige, le courant a sauté un peu avant 10 heures. Juste au moment où l’inauguration devait avoir lieu. La ministre de l’environnement, Ségolène Royal, et le maire de la ville, François Cuillandre, ne se sont pas démonté pour autant et ont tenté de faire repartir la bécane de façon manuelle, à l’ancienne…

Sans effet, puisque le service est resté indisponible pendant Lire la suite

Escale à Brest 2016

Le rendez-vous a lieu tous les quatre ans : dans la rade de Brest, sur les quais du port, sur les rives de Penfeld. La cité du Ponant s’anime joyeusement pendant une semaine et accueille plus d’un millier de voiliers parmi les plus beaux du monde.

Boum ! Boum ! Boum ! La fête s’ouvre au son des coups de canon tirés à l’arsenal. Tonnerre de Brest !

 

Oh mon bateau !

« Tu es le plus beau des bateaux. Et tu me guides sur les flots. […] »

La star de la fête, c’est l’Hermione. De retour à Brest après son escale en été 2015 quand elle rentrait de sa campagne américaine, la réplique de la frégate de La Fayette est ovationnée lors de son arrivée, puis est visitée chaque jour par plus de 3000 curieux, Lire la suite

Coups de cœur 2015

Ça pourrait devenir une habitude : en fin d’année, je partage mes coups de cœur des douze derniers mois. En 2014, je vous avais embarqué du Québec à la Jamaïque pour vous faire découvrir les films et musiques qui avaient rythmé mon année. Restons donc dans la Cité du Ponant aujourd’hui : il y a tant de choses à y découvrir ! Nos cinéastes locaux, nos éditorialistes youtubeurs ou encore nos chanteurs à succès n’ont pas manqué de donner un peu de couleurs à ces temps marqués par des événements tragiques. La culture, la joie, la musique et les découvertes nous ont permis, en 2015 plus que jamais, à Brest comme ailleurs, de nous évader !

Les voiles de l'Hermione sur le ciel bleu de Brest, soirée du 16 août 2015

Les voiles de l’Hermione sur le ciel bleu de Brest, soirée du 16 août 2015.

 

Le roman.

Un peu de lecture pour commencer, avec « Baraque O’Mama ». Il n’est pas sorti en 2015, mais ce n’est que cette année que j’ai eu l’occasion de la découvrir. Et ce roman policier (car il s’agit d’un roman policier) (sinon je ne l’aurais pas mentionné) (enfin bref) nous plonge directement dans le Brest des années 1970. Et c’est justement ça qui est cool ! Parce que le Brest de la Seconde Guerre Mondiale, on connait déjà presque par cœur… Mais si, rappelle-toi (Barbara), il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là ! C’était plus vieux. Et puis le Brest d’aujourd’hui, on le connait bien aussi. D’où mon intérêt particulier pour ce Brest des années 70, que je n’ai pas connu.

On voyage dans le temps, de chapitre en chapitre, un coup dans le présent à chercher les indices du passé, et un coup dans cette époque révolue. « Brest la Rouge » là où le communisme, pendant ses grandes heures, et catholicisme traditionnel breton cohabitaient au milieu d’une ville totalement reconstruite. Totalement ? Non, pas tout à fait. Dans certains quartiers, au début des années 1970, on vivait toujours dans les baraques, ces constructions « provisoires » qui avaient relogé des milliers de Brestois au lendemain de la guerre. « C’était pas le paradis, mais c’était pas la misère non plus… » Des baraques du Bouguen aux Ateliers des Capucins, le commissaire Cabioch se replonge dans sa toute première enquête brestoise.

Mais toute cette histoire appartient au passé. Et comme dirait Ernest Renan, « le passé n’est qu’un préambule. » Quittons donc le passé, sortons du préambule, et revenons à l’ère du web… Lire la suite

Big Brother

Début janvier. Brest.
Des dizaines de milliers de personnes sont dans la rue. Place de la Liberté. Pour nos libertés de penser, de s’exprimer.

Début mai. Brest.
Ce même lieu est renommé « Place de la Liberté Surveillée ». Une loi est passée. La loi renseignement. Big Brother is watching you.

 

« Liberté de penser, une idée dépassée.
D’l’énergie dépensée et un manque à gagner.
La pensée collective habilement dirigée
A eux l’initiative, à nous d’obtempérer. »

Pour lutter contre le terrorisme, la criminalité et la délinquance organisée notamment, le Gouvernement pourra surveiller les transmissions de données grâce à des systèmes de « boîtes noires » placées chez les fournisseurs d’accès à Internet. Lire la suite

L’écho de soleil

brest-15avril2015

Plusieurs jours d’affilée sans la moindre goutte de pluie sur Brest. Un grand ciel bleu surplombe la cité du Ponant. Et le thermomètre grimpe. 26°C. 27°C. 28°C… Plutôt sympa ce 15 août. Comme dans la chanson des Goristes en fait :

Le 15-août après-midi, qu’elles sont belles nos gonzesses,
Quand elles dévoilent en partie leur poitrine, leurs cuisses, leurs fesses,
Débardeurs, shorts et « mini » sont de sortie, c’est ravissant !
Dans Brest ce couplet retentit : le soleil a du talent !

A Brest, dit-on, y’ a deux saisons, celle ou il pleut peu et très longtemps,
et l’autre la petite mousson, il pleut beaucoup mais pas souvent.
Entre les deux il y a du crachin, le seul jour ou il tombe pas une goutte,
c’est quand l’été bat son plein, l’après-midi du 15-août.

– Les Goristes, Le Soleil A Du Talent (2003)

Sauf qu’on est en avril. Lire la suite

J’ai perdu la saison

Non, ce n’est pas la raison que j’ai perdue. Et non, on n’est pas Breton sans Raison (Loïc, si tu nous regardes !) Mattéo Fonzatti n’est pas du genre à perdre la raison comme ça. Et quand je dis « comme ça » : je veux bien sûr dire « sans raison ». Mais puisque je vous dis que je ne l’ai pas perdue !  Vous remarquerez au passage qu’il m’arrive de parler de Mattéo à la troisième personne : il s’agit bien de moi. Si ça peut vous rassurer… C’est mon petit côté César, Italie, mégalo, toussa toussa quoâ… Alors quand je vous annonce que j’ai toujours toute ma raison, je vous assure que vous pouvez me faire confiance.

Amis lecteurs, si vous commencez la lecture de mon article par cette phrase : rassurez-vous, vous n’avez rien loupé en ne lisant pas le préambule. Je signalais (de façon maladroite, certes) que je n’ai pas perdu la raison. C’est la saison qui m’échappe !

A Brest, l’été dernier s’est prolongé jusqu’en octobre. L’automne a ensuite été long, très long. Jusqu’à ces trois jours d’hiver entre Noël et le Premier de l’An. Et l’automne est revenu, avec son ciel gris et ses températures douces. Une petite tempête est passée en début de semaine, mais ce fut rapide. Une tempête en coup de vent. Une rafale éclair, sans tambour ni tonnerre.

« À découvert, à Recouvrance
Ici l’hiver vaut bien une danse
Le soleil gronde, les nuits sont longues
Brest ma belle, ma tombe. » – François Raoult, Au frais des quatre saisons

Notez que lorsqu’on parle des « quatre saisons » à Brest, ce ne sont pas celles de Vivaldi (ni celles de la pizza). Il s’agit de la chanson de François Raoult, dont voici le clip :

Enfin bon, quatre saisons, c’est vite dit… Vu le temps qu’il fait vraiment… Certaines mauvaises langues vous diront même qu’à Brest, il n’y a que deux saisons : « La grande saison des petites pluies, et la petite saison des grandes pluies. » Je vous laisse méditer là-dessus.

Allez kenaciao, on se retrouve bientôt… « Ou alors à l’horizon… »

MF

Mes coups de cœur 2014

La fin de l’année approche. L’occasion pour moi de (re)partager avec vous mes coups de cœur… Je n’ai gardé que le meilleur, mais je n’appellerai pas ça un « Brest of » (le jeu de mot ayant déjà été fait par plusieurs personnes avant moi…)  Entre découvertes et confirmations, du cinéma à la musique, voilà ce que je retiendrai de 2014 :

 

La web-série du moment

« Et cætero » késako ? Une web-série brestoise dont la première saison est apparue cette année, semaine après semaine. Depuis le début du mois d’octobre, les internautes découvrent un morceau de l’intrigue chaque samedi, et sont ensuite invités à écrire la suite. Brest en toile de fond, ambiance musicale efficace (avec notamment la participation de Robin Foster). Si vous ne connaissez pas déjà, je vous invite à aller par là…

Je souhaite bon vent aux réalisateurs Fabien Migliore et Simon Pensivy ainsi que toute leur équipe pour la suite… Et ils ne l’écriront pas eux-mêmes, la suite ! A nous de l’inventer.

 

Mon film de l’année

Aller voir un film en québécois ? ça va pas bien ou quoâ ? Déjà que j’ai mis plus de 10 ans à comprendre le brestois…

Et pourtant… Lorsque je suis allé voir Mommy (pas celle d’Yvon Etienne) c’était sans grande conviction. Mais très vite, l’histoire a pris le dessus. Une histoire touchante, bouleversante. (On en deviendrait presque fan de Céline Dion, tarbarnak’ !) C’est donc mon coup de cœur ciné de 2014.

Mais comme ce n’est pas mon job d’être critique de cinéma, allez donc voir ce qu’ils en pensent du côté de TheBrestOf. Lire la suite