Sans domicile fixe

Remontons 22 ans en arrière. Un train de nuit m’a déposé en France, gare de Paris-Bercy. Je me retrouve ici, sans domicile fixe. Ceci est la suite de mon histoire…

Quand j’arrive en ville, tout l’monde change de trottoir. Je suis grand et viril : je fais peur à voir… Je réécris « Starmania » à ma façon. J’étais un étranger dans la ville, mais je n’étais pas le seul. Mi-juillet, il y a sans doute plus de non-Parisiens que de Parisiens dans les rues de la capitale.

Paris1993-ArcdeTriomphe

Paname était belle en cet été ensoleillé. Paris était calme en ce juillet ensommeillé. De jour et de nuit, je fis plusieurs fois le tour de la Ville Lumière. Des paillettes des Champs-Elysées aux misères du Canal Saint-Martin. Du jardin du Luxembourg aux jardins du Vingtième. Les mondes se succédaient sans se ressembler. Les gens se côtoyaient sans se regarder. Et malgré tout, Paris vivait ! La misère parisienne était finalement moins visible que celle de Palerme. Mais ici, les protagonistes s’ignoraient de façon magnifique. Dans une capitale, les gens ont peu de temps pour penser à eux, et pas de temps pour penser aux autres…

Je naviguais de terrasse en terrasse, de café en café. Un p’tit resto, un p’tit bistrot. Et j’observais. Je regardais la vie parisienne autour de moi. J’écoutais. Je perfectionnais mon français.

Paris1993-metro

Chaque nuit, je trouvais un nouvel hôtel. Parfois charmant, fringuant. Parfois grisonnant, écœurant. Pendant deux petites semaines, les jours se suivaient et tous étaient différents. Rencontres d’un jour, d’une nuit, d’un soir, d’une heure, d’une minute… Rencontres gravées, rencontres envolées, rencontres effacées… Les gens ne connaissaient pas mon nom, je n’avais pas de maison. Sans domicile fixe. Homeless…

« Homeless » peut-être, mais « hopeless » certainement pas ! A ce moment-là de ma vie, j’étais plein d’espoir, prêt à tout recommencer ! Une nouvelle vie était en train de s’ouvrir à moi. Je la voyais, j’étais en plein dedans. Le soleil brillait. La dépression viendrait après… Je ne le savais pas encore.

J’avais pensé un temps rester sur Paris, pour m’établir dans l’anonymat de cette immense cité. Mais non… J’avais eu du mal, jadis, à m’habituer à Rome. Je ne voulais pas retenter l’expérience ici.

« My hunger it grows
And it won’t let me go
And it burns in my chest
I’m homeless. »

Ma décision était prise. J’irais vivre à Brest. Tout au bout de la Bretagne. Là où fini la Terre. Après 13 jours à la découverte de celle qui se veut être « la plus belle ville du monde », je pris un dernier petit-déjeuner parisien à la terrasse d’un modeste hôtel du quartier Montparnasse. Ça sentait le beurre salé et les crêpes. J’étais déjà presque en Bretagne… Je n’avais plus qu’à me rendre à la gare. Acheter ce billet de train. Cet aller-simple. Pour Brest.

A bientôt pour la suite… Kenaciao !

MF

Publicités

3 réflexions sur “Sans domicile fixe

  1. Pingback: Le Paris-Brest | Mattéo Fonzatti

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s